Aller au contenu

De l’aide personnelle à la divination et retour

D’après une observation informelle, j’ai remarqué que les services astrologiques proposés en ligne, qu’ils soient védiques ou occidentaux, se situent principalement dans le domaine de l’astrologie que l’on peut qualifier d' »aide personnelle ». Il s’agit du type qui ne traite que des questions liées au développement personnel, à l’autonomisation, à l’introspection et à l’accès aux connaissances subconscientes, résolvant les problèmes émotionnels dans un contexte purement personnel ou relationnel. En général, il s’agit de savoir comment aborder émotionnellement, mentalement et pratiquement les circonstances changeantes de la vie quotidienne. C’est le type d’astrologie qui ressemble beaucoup à la psychologie, au coaching et à d’autres formes de soutien et de maintien mental et émotionnel.

C’est ce qui me semble être considéré comme de l’astrologie « légitime » aux yeux de la majorité des praticiens eux-mêmes. Cela place donc quelque chose d’autre en dehors de cette légitimité, et cela semble être la pratique purement divinatoire, dans laquelle l’astrologie (et aussi le tarot d’ailleurs, le Yi-King et d’autres pratiques) sert à faire des prédictions concrètes sur l’avenir. Ce qu’on appelle de manière quelque peu péjorative la « voyance ».

Hélas, la grande majorité des questions qui viennent des personnes qui cherchent des conseils en astrologie, en tarot, etc., du moins d’après mon expérience jusqu’à présent, sont exactement ce genre de questions divinatoires. Les gens veulent connaître l’inconnu. Certains peuvent rechercher le type de soutien psychologique qui accompagne généralement une séance de thérapie psychologique conventionnelle, mais il me semble que ce n’est qu’une réflexion après coup, une suite à la réponse souhaitée à une question très concrète sur « ce qui va m’arriver/arriver à x/nous arriver à tous les deux », etc. Ce n’est pas « comment je vais me sentir » ou « ce que je vais penser » ou ce que mon moi intérieur a à dire à ce sujet, mais ce qui va réellement se passer dans le monde concret et tangible, dans la vraie vie.

Ce n’est pas nécessairement séparé de manière nette et claire, et dans une séance d’aide personnelle, le consultant peut probablement demander une prédiction concrète. Mais c’est une question d’accent, de ce dont on parle réellement.

Et puis il y a la question de savoir comment le client ressort de la séance, ce qui me semble être lié à la distinction mentionnée ci-dessus. S’il s’agit d' »aide personnelle », il est assez évident que tout doit être fait pour que le consultant se sente bien dans sa peau et confiant en l’avenir, qu’il se sente autonome, sûr de lui, etc. Mais s’il s’agit de pure divination, la satisfaction émotionnelle de la séance n’est pas du tout garantie, la prédiction peut évidemment ne pas être à leur goût.

Comme dans de nombreux cas, c’est une question de choix personnel de la part du lecteur, du style qu’il préfère et de son aisance à dire au client quelque chose qu’il n’aimerait peut-être pas entendre. Il en va de même pour le client – ce qu’il recherche réellement dans la séance. Le véritable problème, me semble-t-il, vient des « donneurs de légitimité », ceux qui sont légitimes à leurs propres yeux et qui sont prompts à rejeter une manière de pratiquer qui, pour une raison quelconque, leur semble inappropriée, bien qu’elle soit au cœur de pratiques comme l’astrologie, le tarot, etc. depuis des siècles, voire des millénaires, et dans la plupart des cultures.